La Guerre des Clans 123
Bienvenue jeune chat sur le territoire de La Guerre des Clans 123.

Inscris-toi vite et viens découvrir la sphère et ses mystères.


Là où le temps s'est arrêté
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
 

 Après la chute

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage


X Messages : 1870
X Points Team : 3084

MessageSujet: Après la chute   Sam 18 Jan - 15:07




Un pâle rayon de jour filtrait à travers la grande baie vitrée du salon, révélant les petites poussières dorées en suspension dans l'air. La salle était grande, chaleureuse. Le long des murs se trouvaient une petite bibliothèque moderne encadrée de tableaux. Certains représentaient des tableaux d'arts, mais la majorité étaient des photos d'étoiles. Le sol était recouvert d'un parquet clair, couleur sable gris. Dessus se trouvait un tapis épais, blanc, un canapé bleu-gris escorté de deux fauteuils chacun d'un côté de la petite table basse en verre au centre de la pièce. Le canapé faisait face à une télé blanche, grand écran plat, modèle moderne d'une grande capacité d'image, une chose tout à fait inutile pour un chat en somme et de chat, il y en avait un, assoupit dans un panier coloré au pieds du bar de la cuisine.

Sa fourrure était blanche et rousse, d'un roux soutenu qui ne manquerait pas de s'embraser si le timide rayon de soleil la touchait. Elle était courte, d'une douceur incomparable, légèrement tiède, et ornée de broches en aluminium qui faisait ressembler le chat à un porc-épique métallique. Il y avait quatre tiges de métal autour de la patte droite, cinq le long de la colonne vertébrale et du bassin et une sorte de petite cage entourait le côté gauche de la cage thoracique blanche et rousse. Allongé dans une position plus qu'inconfortable, le chat sentait chaque aiguille lui tirailler la peau depuis plusieurs heures, il n'en avait pas ouvert les yeux pour autant. La vérité, c'était qu'il avait peur, peur de ce qu'il trouverait s'il décidait à s'éveiller pour de bon. Il était gelé, courbaturé et avait un mauvais goût dans la gorge. Il aurait voulu tousser, mais ne s'en sentait pas la force. A côté de lui, il y avait une gamelle remplie d'une pâtée odorante qui lui donnait la nausée. Il y résistait tant bien que mal depuis que son odorat lui était revenu, soit environ une demi-heure, et sentait qu'il ne tarderait pas à rendre un repas qu'il n'avait pas encore avalé.

Mollement, le félin entrouvrit les paupières. Il n'aperçut tout d'abord qu'une vive lumière qui lui fit affreusement mal au crâne puis découvrit le jardin à travers la baie vitrée. La nausée s'évanouie aussitôt, ce qu'il avait devant les yeux était si calme et si joli. Il pouvait voir l'herbe rase d'une pelouse émeraude et le tronc sombre d'un superbe jeune arbre, ses branches nues se tordant avec lenteur et élégance dans une brise silencieuse. C'était comme lorsqu'il avait découvert la sphère dans les montagnes. Le chat sentit une douce chaleur lui réchauffer le corps, elle provenait d'une étrange chose accrochée au mur quelques longueurs de queue plus loin. C'était tout blanc et cela glougloutait, mais il sentait bien qu'il faisait un peu plus chaud du côté de l'étrange objet que dans le reste de la pièce. Il aurait bien bondit pour s'y blottir si son corps n'avait été si lourd, renforcé par toute cette ferraille. Il tâcha donc d'oublier le radiateur pour reporter son attention sur le jardin, sans se rendre compte qu'on avait fait exprès de le déposer de façon à ce qu'il puisse l'admirer tout son saoul. Au bout d'un certain temps, le rouquin se mit à bouger, pour évaluer l'étendue des dégâts. Il remua la queue, sentit qu'elle remuait tout en fluidité, comme si de rien était. Ce n'était pas le cas pour le reste de son anatomie. Si les pattes arrières pouvaient encore se déplacer sans trop de problèmes, bien qu'elles semblaient profondément engourdies et lourde comme du plomb, tout le reste demeurait immobile. Il ne parvient qu'à déplacer sa patte gauche, savamment enroulée dans une bande de tissu et regretta aussitôt son geste car il eut l'impression qu'une armée de fourmis en profita pour se déverser dans ses muscles endoloris. Il poussa un miaulement de douleur muet et chercha pendant une poignée de minute un moyen de remettre sa patte à sa place pour interrompre les affreux picotements, peine perdue. Passé ces longs instant de péril, le chat se trouva de nouveau un peut tranquille, il tâcha de ne plus bouger d'un poil pour éviter tout danger et écouta le rythme de sa respiration, le regard dans le vide.

Lentement, le soleil tourna, grimpant le long de la baie vitrée jusqu'à disparaître au-dessus de la maison, ne laissant derrière lui qu'une lumière blafarde et uniforme de toute journée d'hiver maussade qui se respecte. Pourtant, pour le chat blessé c'était une journée magnifique. Enfin, pas tout a fait, car il lui semblait être tellement décroché de la réalité, sans doute à cause des médicaments dont on l'avait farcie pendant son sommeil, qu'il était incapable de penser à quoi que ce soit et encore moins à des concepts aussi abstraits que la beauté. C'était simplement agréable de regarder par la fenêtre ce jour-là. Soudain, une forme bizarre apparut devant la grande vitre. Le rouquin mit un certain temps avant de réaliser qu'il s'agissait d'un chat et encore plus de temps pour comprendre qu'un chat c'était de la même espèce que lui. Il regarda le nouveau venu sans le voir tandis que ce dernier lui faisait signe, cela semblait anormale au blessé de voir quelqu'un s'adresser à lui, jusqu'ici, le monde qu'il avait devant les yeux lui avait juste parut une image qu'il aurait observé comme un fantôme où comme une feuille regarde une forêt, il n'imaginait pas en faire partie. Soudain, la fenêtre s'ouvrit, laissant entrée une vague de vent froid et le chat inconnu. Le rouquin se sentit frissonner d’inquiétude devant cette créature qui venait de casser les limites de l'image et lui fonçait dessus. S'il avait put bouger, il se serait enfui loin de cette aberration qu'il refusait de voir comme autre chose qu'une hallucination.


Dernière édition par Etoile Mélancolique le Mer 19 Fév - 12:25, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


X Messages : 1107
X Points Team : 2749

MessageSujet: Re: Après la chute   Mar 28 Jan - 19:24

J'avais beau vouloir être là au réveil du chat inconnu que j'avais trouvé à moitié mort et que mon maître avait eu la bonté de soigner, je n'avais pu m'empêcher de sortir de ma toute nouvelle maison. J'adorais être dehors, sentir le souffle du monde caresser ma fourrure, l'ébouriffer lorsqu'il forçait même si cela signifiait après un long toilettage pour défaire les nœuds de mes poils emmêlés. J'adorais lever le regard vers l'azur du ciel, cette voûte immense qui n'avait pas de limites, qui nous dominait de toute sa splendeur. Même le pâle ciel gris d'hiver avait quelque chose de fascinant à mes yeux. Lorsque mon regard s'envolait vers les nuages, j'avais l'impression que mon esprit décollait avec lui et voyageait tout là-haut au-dessus de la sphère. Avance le corps, il s'arrêtera, voyage l'esprit, il ira où il voudra.

Voilà comment je voyageais assise dans le jardin, l'herbe de jade chatouillant mes pattes de chatonne. De faibles rayons de soleil caressaient ma fourrure et illuminaient les murs blancs de ma maison. La brise faisait onduler les branches d'un jeune arbre du jardin, comme un serpent parmi les rochers et je me plaisais à admirer leur mouvement envoûtant. Je me sentais épanouie dans mon nouveau chez-moi, sereine. Mais bientôt le soleil dépassa le toit de la maison et le paysage perdit un peu de sa magie. De plus, le vent frais me faisait frissonner. Je me levais donc rejoignit la vitre qui me séparait du salon.

C'est alors que je le vis. Le chat que nous avions ramené, pauvre créature blessée entourée de broches métalliques qui lui ôtaient presque tout aspect félin et cachaient sa jolie fourrure blanche et rousse. Il semblait si fragile, allongé dans son panier immobile... Je m'étais fait la même réflexion avant de sortir. Sauf que là, le chat avait ouvert les yeux. C'était la première fois que je les voyais : deux pupilles noires flottant au milieu d'océans d'or liquide. Deux pupilles noires qui me fixaient. Ils étais fascinants. M'arrachant à ma contemplation, j'agitai la queue en guise de salut, ravie que le patient soit de nouveau conscient. Je me glissai dans la chatière et, toute guillerette, m'approchai du panier. Ma voie naturellement très calme tranchait avec mon visage joyeux de chatonne mais je ne le remarquai pas.

- Je suis contente que tu sois enfin réveillé. Je m'appelle Céleste, je t'ai trouvé au bord de la route et mon maître t'as soigné et emmené chez lui. Tu te sens un peu mieux ?

_________________


Mes persos:
 
♥:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


X Messages : 1870
X Points Team : 3084

MessageSujet: Re: Après la chute   Mer 29 Jan - 18:18



Le jeune chat mit un peu de temps à assimiler le brouahah qui sortait d'entre les crocs de la chatte. Il était captivé par sa curieuse couleur, la nouvelle venue, sous l'effet des médicaments, lui semblait violette. Il aurait voulu lui demander si elle venait bien de la même planète que lui, mais il était incapable de ne serais-ce que penser à ça. Il la fixa un instant, sentit sa tête devenir lourde et ses paupières se fermer.

Il bougea une patte avant. La douleur sourde qui lui barra l'épaule le réveilla juste avant que sa tête ne tombe sur le rebord du coussin. Il n'avait pas envie de dormir, c'était trop dangereux. Un renard aurait put le manger ou, pire, l'un des petits farfadets lumineux qui sautillaient et se battaient dans son crâne. Il fallait qu'il reste éveiller, au moins jusqu'à ce qu'il soit capable de s'enfuir pour se cacher quelque part. Peut-être qu'il y avait un trou sous l'arbre qu'il avait vu à travers la vitre. Une vitre... Il se souvenait presque de quelque chose... cela avait un rapport avec une vitre, mais impossible de remettre la patte dessus.

Les papillons de ses pensées batifolèrent sous son front avant de s'enfuir sous ses yeux en direction du radiateur. Il regarda la jeune chatte d'un aire effaré, les pupilles complètement dilatées. Elle semblait n'avoir rien vu, tout cela était uniquement le fruit de son imagination.

– Ayé tamrablza blaglablz... dit-il avant d’émettre un curieux gargouillis aiguë.

Il baissa une oreille, une oreille... non, rester concentrer pour se réveiller. Il avait essayé de dire quelque chose, mais quoi ? Trop tard, il avait oublié. C'était important pourtant... Il baissa les deux oreilles de frustration et se rendit compte qu'il arrivait à les bouger sans problème, ce qui le mit de très bonne humeur sans qu'il put dire pourquoi. Ah oui ! Il voulait parler du radiateur. Tant pis, ce serais pour une autre fois, pour l'instant un goût poisseux lui emplissait la gorge. Il plissa le front, ce qui réveilla son mal de crâne – mais dormait-il seulement ? – et se concentra de toutes ses forces pour prononcer quelque chose de compréhensible :

– Soif... miaula-t-il d'une voix rauque. J'ai soif...

Il devait y avoir de l'eau à côté de la pâté, mais il n'avait pas la force de tourner la tête. Le simple fait de parler l'avait vidé de toute son énergie. Il laissa sa tête retomber sur ses pattes avec un couinement de douleur et regarda la chatte. Ses yeux luisants de fièvre louchaient un peu, il la voyait en double, comme s'il était incapable de voir de près. Il la devinait assez mignonne et jeune et décréta qu'il s'agissait d'un vieux matou asthmatique. Non, non, c'était autre chose... Il chercha sa mémoire, la retrouva noyée sous l'océan d'encre provoqué par les médicaments et parvint à grand peine à en tirer ce qu'il cherchait. Une Domestique, c'était une Domestique. Tout content de sa découverte, il se mit à gargouiller :

Do... Domégnablzz...

Une fois encore, sa voix le trahit et se brisa en un bruit de soupière oubliée sur le feu.


Dernière édition par Etoile Mélancolique le Mer 19 Fév - 12:25, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


X Messages : 1107
X Points Team : 2749

MessageSujet: Re: Après la chute   Dim 2 Fév - 10:38

Lorsque la tête du blessé repartit vers le coussin, je soupirai : allons donc, il allait déjà se rendormir alors qu'il venait à peine de se réveiller ? Mais il se redressa soudainement, son regard horrifié me fixa comme si j'étais un monstre, avant de faire des allers-retours entre moi et le radiateur, près duquel mon maître l'avait placé pour qu'il n'ait pas froid. Lorsqu'il parla, je compris que je pourrai pas avoir une conversation digne de ce nom avec lui. Visiblement encore abruti par les médicaments dont l'avait bourré le vétérinaire, il ne parvenait pas à articuler, impossible de comprendre ce qu'il souhaitait me dire. Il sembla un instant se rendormir avant de cligner des yeux et de parler de nouveau. Cette fois, malgré la faiblesse de sa voix, je parvins à comprendre qu'il avait soif... Le pauvre, il n'arrivait visiblement même pas à tourner la tête pour boire. Ou alors il n'avait pas vu qu'il y avait de l'eau juste à côté du panier. Compatissante, je poussai du museau l'écuelle le plus proche possible de lui. Pendant ce temps, il avait essayé de dire autre chose que j'eus grande peine à déchiffrer. "Domé"... Ça ressemblait au début de "domestique" mais je n'étais pas certaine que c'était ce qu'il avait voulu dire. Je répondis toutefois, consciente qu'il ne réalisait peut-être même pa ce que je lui disais et qu'il ne pourrait pas me répondre.

- Oui, je suis une chatte domestique. Tu es un chat sauvage toi, n'est-ce pas ? J'en ai vu plein au bord de la route avant de rentrer dans la sphère. Et dans la forêt après aussi, sans doute les mêmes. Tu étais avec eux ?

Zut, j'avais été trop longue, il n'avait sûrement pas compris la moitié de ce que j'avais dit. Tant pis, pour la discussion normale, il faudrait que j'attende. tout ce qui comptait pour le moment, c'est qu'il se remette. Je m'allongeai à côté du panier, désirant lui tenir compagnie même s'il se rendormait. Avoir quelqu'un lorsqu'on était au plus mal ne pouvait qu'être bénéfique, non ? Mais chaque esprit étant différent, cela pouvait varier selon la personne. Certaines sont très sociables, d'autres solitaires, joyeuses de vivre, ronchonnes, il existe beaucoup de personnalités différentes. S'il me demandait de partir, je partirai.

_________________


Mes persos:
 
♥:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


X Messages : 1870
X Points Team : 3084

MessageSujet: Re: Après la chute   Dim 2 Fév - 19:35



La chatte lui poussa la gamelle sous le museau.

– Mrerci, miaula-t-il.

Alors qu'il penchait la tête pour boire, la chatte recommença à parler. Etant dans l'incapacité de faire deux choses à la fois, le matou décida de patienter un peu avant de se désaltérer et écouta poliment. Il comprit trois mots sur dix du début de la phrase et son attention déserta avant la fin. Il mit un peu de temps à se rendre compte qu'elle avait arrêté de parler et qu'il pouvait enfin boire tranquille. Lorsqu'il le comprit, il plongea le museau dans l'eau fraîche et commença à laper. Sa langue desséchée reprit aussitôt du volume et le goût poisseux disparut. Le rouquin but autant que possible. Il sentit de l'eau lui entrer par les narines et cracha bruyamment. Il s'était assoupit dans l'écuelle sans s'en rendre compte. Hoquetant à s'en faire mal aux poumons, il se sentit beaucoup plus réveillé.

– Ciel de rouille et de diamant, dans le sang rouge s'interpose fit sa voix sans qu'il le lui ait demandé.

Il se tut et considéra ce qu'il venait de dire. Sur le coup, il avait eut l'impression que cela avait un sens, désormais il se demandait bien lequel. Il allait s'excuser lorsque sa langue fit de nouveau des siennes.

– Le soleil chasse la lune et c'est le jour, mais derrière lui c'est toujours la nuit. Comprends-tu ?

Il se tut à nouveau. Les yeux implorants. Était-il en train de devenir fou ? Il plissa le front et essaye de rester concentrer pour maîtriser les sons qui sortaient de sa gorge.

– Je suis Nuage de Comète, ou du moins je l'étais. Je ne sais plus qui je suis désormais. Tu peux m'appeler Comète, mais ce n'est plus mon nom... Non, il ne faut plus m'appeler ainsi. J'ai mal au crâne...

Il se creusa la tête pour continuer. Ses pensées lui semblaient plus claires bien que tout cela n'ait toujours aucun sens pour lui, comme si deux personnes se partageaient son esprit. A côté de lui, la chatte devait croire qu'il était fou, il le pensait lui aussi, mais ce qu'il lui disait semblait être ce qu'il devait lui dire, même s'il était incapable de dire pourquoi il devait continuer à lui parler. Une pluie de pierres semblait tomber à l'intérieur de son crâne, mais il n'arrêta pas pour autant.

– Je ne suis pas dangereux, dit-il.Qui suis-je ? Je sais !

Il indiqua les broches d'argent du bout des oreilles avec un air amical sur le museau.

– Aujourd'hui je serais Chat de Fer, c'est ainsi qu'il faut m'appeler.

Il poussa un ronronnement, content de sa trouvaille et s'évanouit.


Dernière édition par Etoile Mélancolique le Mer 19 Fév - 12:26, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


X Messages : 1107
X Points Team : 2749

MessageSujet: Re: Après la chute   Mar 18 Fév - 21:13

Le chat me fixait comme s'il m'écoutait et pourtant, il ne semblait pas comprendre. Son regard doré me gênait, peut-être à cause de l'effet des médicaments qui les recouvrait d'un voile blanc. Au bout d'un moment, il détourna le regard sans avoir rien dit. Il commença à boire dans l'écuelle que j'avais poussée vers lui. Au moins, il avait la force pour cela à défaut de comprendre ce que je lui racontais, c'était déjà un début. Soudain, sa tête piqua en avant. Paniquée, j'allais l'aider quand il se redressa en crachant ses poumons. Une fois de plus, je m'avançai pour l'aider mais il me fixa alors et prononça d'une voix claire, très différente de son essai précédent :

– Ciel de rouille et de diamant, dans le sang rouge s'interpose.

Pendant la pause qui s'ensuivit, je le fixai, interloquée. Qu'essayait-il de me dire ?

– Le soleil chasse la lune et c'est le jour, mais derrière lui c'est toujours la nuit. Comprends-tu ?

Cela oui, je comprenais à peu près, c'était logique, après le jour venait la nuit et vice-versa. Mais pourquoi me parlait-il de cela ? Sûrement encore un effet des médicaments. Ses yeux dorés semblaient m'implorer, comme s'il me suppliait de stopper ses paroles. Peut-être ne se comprenait-il pas lui même.

– Je suis Nuage de Comète, ou du moins je l'étais. Je ne sais plus qui je suis désormais. Tu peux m'appeler Comète, mais ce n'est plus mon nom... Non, il ne faut plus m'appeler ainsi. J'ai mal au crâne...

Nuage de Comète ? Quel drôle de nom ! Mais c'était si joli... Une comète... était-ce pour cela qu'il parlait du ciel ? La rouille et le diamant seraient la traînée laissée sur son passage ? En tout cas, bien qu'étranges, ses paroles étaient belles... Je ne savais pas vraiment dire pourquoi. Une pensée me vint alors : "Le partage d'une chose aimée est source de bonheur." La poésie ! Ses paroles étaient poétiques. J'adorais ça. Peut-être que finalement nous pourrions discuter ? Mais Nuage de Comète n'avait pas fini.

- Je ne suis pas dangereux. Qui suis-je ? Je sais ! Aujourd'hui je serai Chat de Fer, c'est ainsi qu'il faut m'appeler.

Je regardai le matou avec amusement. En effet, le nom paraissait tout choisi. Il ressemblait à un porc-épic de métal. Puis ses paroles me frappèrent. "Aujourd'hui"... Je le fixai avec étonnement. Je n'y avais jamais pensé, mais il est vrai que l'on change chaque jour. Pourquoi gardait-on toujours le même nom ? Lui aussi aurait dû changer. Décidément, à peine ce matou était arrivé qu'il me faisait découvrir de nouvelles questions sur l'existence. Il était fascinant. Quel aurait été mon nom aujourd'hui à moi ? Je réfléchis un instant, en vain. Avec dépit, je réalisai que je n'arrivais pas à analyser qui j'étais. Je ne me connaissais pas. Comment pouvais-je vouloir le monde si je ne me comprenais pas moi-même ? Je m'assis, étourdie. En quelques mots, Chat de Fer m'avait bouleversée. Mais qui était-il ? D'où venait-il ? Et quelle était son histoire ? Je baissai les yeux vers lui et ouvrit la gueule pour le lui demander et là je vis... qu'il s'était évanoui. Paniquée, je courus dans la maison à la recherche de mon maître. Je finis par le repérer dans une pièce et à grands renforts de miaulements, je le conduis jusqu'à Chat de Fer et le désignai avec un regard implorant. Mon maître sembla comprendre qu'il y avait un problème et sortit aussitôt un téléphone de sa poche : il appelait sûrement le vétérinaire. Soulagée, je m'allongeai à côté du panier pour garder un œil sur le blessé.



[Pourquoi ton italique marche et pas le mien ? ]

_________________


Mes persos:
 
♥:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


X Messages : 1870
X Points Team : 3084

MessageSujet: Re: Après la chute   Mer 19 Fév - 22:50

Le vétérinaire ne fit pas son apparition avant une bonne demi-heure. Il s'excusa brièvement, déclarant qu'il était débordé depuis quelques jours, et sans attendre d'avantage vint examiner le chat roux orné de piques. Au bout de trois minutes, il déclara ne pas pouvoir y faire grand chose et se contenta d'une petite caresse sur l'un des carrés de fourrure rousse du matou. Du repos, c'était tout.

Le bipède de Céleste raccompagna le coupeur jusqu'à la porte et revint auprès du félin bicolore. Il resta veiller quelques temps puis partit lorsque le téléphone sonna.

Il fallut attendre une bonne heure avant que le Chat de Fer ne sorte de sa torpeur. L'air était plat, une odeur de bois ciré y flottait. Il avait un peu froid et se sentait cotonneux. Avec un bâillement, il se tira du sommeil.

– Quel heure est-il ? demanda-t-il.

Non pas que cela ait un véritable sens pour lui, mais il avait envie de poser la question. Il fixa la chatte tandis qu'elle lui répondait. N'arrêtait-elle jamais de parler ? Cela lui plaisait. Il n'aurait pas besoin de se fatiguer à articuler des phrases et puis, il lui semblait que c'était la première fois qu'il rencontrait quelqu'un d'aussi bavard et anthousiaste. Elle était un peu comme un chaton qui fait ses premières sorties à la lisière du camp. Dans les Clans, il y avait beaucoup trop de chats malheureux, de profiteurs, d'ambitieux, de manipulateurs et de... une terrible pulsation fit voler en éclat ses idées. Son mal de crâne recommençait. Il se leva à moitié et sans se soucier d'être mal-polie envers son hôtesse but quelques gorgées d'eau. Il n'était pas Guérisseur, mais cela lui semblait être le meilleur des remèdes dans sa situation. Le Clan des Etoiles seul savait de quoi on l'avait gavé durant son sommeil, il ne sentait plus un seul de ses muscles.

Un frisson gelé lui glaça l'échine lorsqu'il pensa au Clan des Etoiles et de la sueur perla sous ses pattes. Une bouffée de terreur lui emplit les yeux et il se sentit comme un chaton prit sur le fait d'une bêtise inimaginable.

[HS : tout pourri désolé :/]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


X Messages : 1107
X Points Team : 2749

MessageSujet: Re: Après la chute   Mer 26 Mar - 19:10

Le vétérinaire finit enfin par arriver après ce qu'il me sembla une éternité durant laquelle je n'avais cessé de m'angoisser pour Chat de Fer. Je venais à peine de le rencontrer et je trouvais déjà si fascinant, j'avais tellement envie de le connaître ! N'importe qui aurait préféré garder ses distances avec ce matou étrange qui sortait des phrases sans queue ni tête pour la plupart des gens, moi non. Je regardais au-delà de la première impression, j'écoutais au-delà des mots qu'il prononçait. Je savais que l'on pourrait très bien s'entendre. Et toutes les choses qu'il pourrait sûrement m'apprendre ! Il venait sans aucun doute de la forêt, c'est certain qu'il pourrait me raconter des tas d'histoires plus intéressantes et enrichissantes les unes que les autres ! Peut-être même qu'il pourrait me présenter à ses amis ?

Une pensée me frappa alors : et si une fois guéri, il partait ? Je me sentis tout à coup glacée jusqu'aux os, tout mon enthousiasme s'envola pour laisser place à une frayeur irraisonnée. Non, il ne devait pas partir. Ou plutôt je ne voulais pas qu'il parte. Mais contrairement à moi, il n'avait pas grandi dans une maison de Bipède et il n'était sûrement pas aussi fasciné par moi que moi je l'étais par lui. Chacun doit suivre la route qu'il s'est choisi, je n'avais pas le droit de souhaiter qu'il reste près de moi pour mon seul bonheur. Je ne m'en étais jamais vraiment rendu compte, mais il manquait quelque chose dans ma vie : une compagnie autre qu'humaine. Pas juste un voisin que je croiserais occasionnellement, non, quelqu'un près de moi, toujours, quelqu'un à qui je puisse parler sans qu'on ma classe "femelle dérangée et obsédée par la science humaine". Tout simplement un ami qui me comprenne. C'était idiot, totalement idiot de voir tout cela en ce chat que je venais de rencontrer. Mais j'ai toujours fait confiance à mon cœur et il me soufflait que Chat de Fer comblerait ce vide que je venais de découvrir.

Oui, je pense, je m'embrouille, et pendant ce temps là le vétérinaire avait eu le temps de constater que tout allait bien et que le convalescent avait juste besoin de repos. Ce fut soulagée que je m'endormis à ses côtés. Le son de sa voix, encore plate et monotone du fait des médicaments qu'on lui avait administrés, me tira d'un sommeil sans rêves. Il demandait quelle heure il était. Naturellement, mon regard se posa sur l'horloge du salon mais je réalisais que humains et chats n'avaient normalement pas la même manière d'exprimer l'heure, sauf pour ce qui était de l'aube, de midi et du soir. Sauf que j'étais habituée à l'évaluer comme les Bipèdes désormais. Je répondis donc :

- 19 heures, le soleil est en train de se coucher.

J'avais l'impression que Chat de Fer ne m'écoutait toujours pas. Tant pis. Pour combler le silence, je continuai à parler de tout et de rien, et surtout de l'espace qui revenait dans toutes mes conversations, mais le matou ne faisait même pas semblant de prêter attention et buvait. Je e lui en voulais pas, il était malade, mais il était tout de même frustrant de parler tout en sachant que l'on n'obtiendrait aucune réponse. Soudain, je vis Chat de Fer frissonner et ses yeux s'agrandir de terreur. Je regardais autour de moi, inquiète, mais n'apercevant aucun danger je me rapprochai de lui pour le rassurer et soufflai :

- Que se passe-t-il ?

_________________


Mes persos:
 
♥:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


X Messages : 1870
X Points Team : 3084

MessageSujet: Re: Après la chute   Sam 7 Juin - 14:53

Chat de Fer tourna la tête vers Céleste, comme s'il venait tout juste de sortir d'un rêve particulièrement réaliste. Il resta un instant silencieux, incapable de trouver ses mots. Qu'est-ce qui lui arrivait au fond ? Il n'avait jamais eu peur du Clan des Etoiles auparavant. Il venait à peine d'y repenser et déjà il recommençait à frissonner.

— Ce... ce n'est rien, bredouilla-t-il. Je repense... à une vieille croyance.

Il se tut une nouvelle fois. Il réalisait tout juste que Céleste l'écoutait de toutes ses oreilles, comme fascinée par ses paroles. Il n'avait pourtant rien dit de particulier.

— J'ai si mal à la tête, miaula-t-il en se frottant le front d'une patte.

C'était comme si on lui avait coincé une souris dans le crâne et qu'elle courrait en tous sens pour essayer de s'enfuir.

— Parle-moi encore, dit-il. J'aime bien t'écouter, cela me fait penser à autre chose.

Il fixa la chatte dans les yeux et tâcha de l'écouter un peu plus sérieusement. Elle commença à lui parler des étoiles. Aussitôt, le félin dressa l'oreille.

— Je n'en reviens pas ! Comment les étoiles pourraient-elles être si grosses ? On m'avait toujours dit qu'elles étaient les esprits des chats de nos ancêtres.

Il n'attendit pas la question pour y répondre :

— Dans la forêt, lorsqu'un guerrier, un chat, meurt au combat ou de toute autre façon que ce soit, il rejoint la Toison Argentée. Tous ces chats de jadis forment ensemble un grand Clan uni que nous appelons Clan des Etoiles. Si un félin à été respectueux envers le code du Guerrier durant sa vie, il rejoindra le Clan des Etoiles aux côtés de ces illustres félins et pourra à son tour veiller sur les vivants, mais s'il a enfreint le code ou trahit son Clan, il n'y aura rien pour lui et il mourra seul.

A l'instant où il avait commencé à les prononcer, ces paroles avaient semblé creuses. Céleste ne semblait pas s'en être aperçu, mais Chat de Fer l'avait bien entendu. Il les avait prononcé comme il l'aurait fait d'un rapport de chasse, sans aucune conviction. Pourtant... il n'avait jamais cessé de croire au Clan des Etoiles, du moins... jusqu'à cet instant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


X Messages : 1107
X Points Team : 2749

MessageSujet: Re: Après la chute   Dim 22 Juin - 14:26

En entendant le récit de Chat de Fer, j'écarquillai les yeux. Guerrier, Toison Argentée, Clan des Etoiles, Code du Guerrier... Tout se mélangeait dans ma tête, j'étais fascinée par les paroles du matou. Je ne pensais pas qu'il y avait une telle organisation ni de telles croyances chez les chats de la forêt, je me les imaginai plutôt comme des félins un peu féroces et qui... un peu comme dans les rumeurs en fait. Mais ma rencontre avec Chat de Fer me prouvait le contraire. Même si je ne croyais pas du tout à son histoire de chats étoilés, chacun a le droit de penser ce qu'il souhaite et d'avoir ses convictions, aussi répondis-je pour le rassurer :

- Peut-être qu'ils rejoignent simplement les étoiles pour mieux vous protéger, elles existent déjà mais sont ensuite habitées par vos défunts ? En tout cas c'est passionnant de voir que nos vies peuvent différer à ce point ! Tu peux me parler encore des Clans s'il te plaît ? Je veux tout savoir !

J'étais toute excitée à l'idée d'apprendre de nouvelles choses, de découvrir un peu plus le monde qui m'entourait. Même si je n'avais aucune envie d'aller vivre parmi eux, toutes ces coutumes,ces habitudes de vie me fascinaient. La vie devait être dure dehors, je me posais plein de questions. Comment mangeait-ils ? Ou dormaient-ils ? Comment avaient-ils appris à chasser ? Qu'étaient les Guerriers ? Pourquoi avait-il parlé de combat ? Qu'était donc de Code du Guerrier ? Même pour les chats sauvages, il y avait des règles ? Qu'étaient-elles dans ce cas ? Pourquoi y avait-il plusieurs Clans ? Les questions tourbillonnaient en moi et je dévorais Chat de Fer des yeux, avide des réponses.

_________________


Mes persos:
 
♥:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


X Messages : 1870
X Points Team : 3084

MessageSujet: Re: Après la chute   Sam 28 Juin - 10:08

HS:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


X Messages : 1107
X Points Team : 2749

MessageSujet: Re: Après la chute   Sam 12 Juil - 15:53

HS:
 

_________________


Mes persos:
 
♥:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Après la chute   

Revenir en haut Aller en bas
 

Après la chute

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» 2019 après la chute de New York [DVDRiP] Fantastique
» Se relever après la chute [PV Tōjō]
» EP News du jour " Le système solaire après la Chute "
» Un enfant de 5 ans indemne après une chute du 6e étage...
» La chute de l'homme fort tunisien Zine El Abidine Ben Ali après 23 ans

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Guerre des Clans 123 :: 123 :: Archives :: RP-