La Guerre des Clans 123
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 Des museaux familiers

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MessageSujet: Des museaux familiers   Sam 8 Fév - 0:09


Sursaut alla s'allonger devant la grande vitre qui donnait sur le jardin. Il avait envie de profiter du bon air extérieur et de sentir autre chose sous ses pattes que le tissu d'un coussin. Il s'était levé assez tôt ce matin-là, réveillé subitement par une sonnerie inconnue qui avait durée cinq bonnes minutes avant de s'arrêter. C'était à cause de cette sonnerie qu'il se nommait Sursaut ce jour-là.

Il avait à peu près retrouvé ses esprits depuis son premier réveil laborieux dans la maison de Céleste, mais il refusait de reprendre son nom de Comète. C'était comme un point d'honneur, ou plutôt un sentiment d'interdit... Il avait l'impression que le jour où il arrêterait de changer de nom une chose terrible se produirait.

Mais il n'avait pas envie de penser à tout cela, il voulait profiter d'un peu de calme. Céleste était sortit bavarder avec d'autres Domestiques, il était seul. Quelque chose lui disait qu'il n'aurait pas souvent ce genre d'occasion aussi avait-il décidé d'en profiter pour prendre un bon bol de nature.

On lui avait retiré ses broches la veille, il pouvait de nouveau bouger librement... enfin, dans la limite du raisonnable. C'était comme si tout son corps était devenu une immense articulation rouillée qui grinçait à chaque pas. Il se donnait l'impression d'être un Ancien. Il s'était aperçut dans la vitre, avait eut du mal à reconnaître son pâle reflet sur le verre. Il semblait plus vieux, plus adulte, avait écopé de vilaines cicatrices boursouflées par des fils noirs qui le grattaient atrocement et il lui manquait de grosses plaques de poils au niveau de la patte avant droite et du bas-ventre. "Là où on l'avait rasé pour l'opérer", lui avait appris Céleste.

L'opération... Il ne comprenait pas ce mot, il savait juste que c'était grâce à ça qu'il était toujours vivant. En revanche, il n'avait eut aucun mal à comprendre que c'était le Coupeur qui l'avait opéré. Dès qu'il l'avait appris, il avait passé quatre bonnes heures à se renifler en tout sens pour s'assurer d'être encore un matou. Par chance, il n'avait rien perdu de ce côté là, le Coupeur avait dut être distrait.

Allongé sur la terrasse, satisfait de l'exploit qu'il avait dut accomplir pour passer du salon à l'extérieur dans son état, il ferma les yeux et leva le museau vers le tiède soleil d'hiver. Les doux rayons dorés tombaient sur son museau blanc en une caresse amicale. L'air embaumait d'un parfum de pelouse fraîche et d'herbe-à-chat qui, malgré l'odeur forte des bipèdes, ne cessait de lui enivrer les sens. Il écouta la brise dans les feuilles du jeune arbre, le chant léger d'un oiseau caché dans un jardin. En temps normal, il l'aurait prit en chasse, mais il était trop fatigué pour cela et puis son estomac était déjà bien remplis de la pâté bizarre des Bipèdes. Il ne trouvait pas cette bouillis trop écœurante, malgré le fait qu'il ait tout vomit la première fois qu'il en eut mangé un morceau. Au bout de cinq ou six tentatives il avait fini par reconnaître un goût de volaille familier et le jus froid l'hydratait presque plus que l'eau de sa gamelle métallique.

Sursaut poussa un soupir qui fit vibrer ses moustaches. Il se sentait si paisible. Il n'avait pas ressentit cela depuis qu'il avait quitté l'âge de chaton. C'était si agréable de vivre sans avoir à se soucier de devoir survivre, d'être nourris et au chaud en ayant qu'à prendre soin de soi. Certes, il aurait été tout aussi bien traité s'il s'était trouvé chez un Guérisseur, mais il n'aurait pas été à l'abri pour autant d'une attaque surprise ou d'un cataclysme inattendu et puis il lui aurait fallut reprendre chasse et combat dès qu'il aurait été capable de bouger. Ici, il pouvait prendre le temps de guérir sans s'inquiéter d'être rapidement opérationnel pour chasser. On lui avait raconté de nombreuses choses sur les Domestiques lorsqu'il était apprenti, il aurait cru alors ne jamais pouvoir supporter de vivre une seule journée parmi eux, mais plus il discutait avec Céleste plus il comprenait que ces histoires étaient exagérées. Ce n'était pas si mal cette vie, enfin... il s'en contenterait pour l'instant.
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MessageSujet: Re: Des museaux familiers   Lun 17 Fév - 0:51


Nuage de Vérité sentait bien que quelque-chose n'allait pas. Lorsqu'elle allait se coucher les efforts de la journée ne suffisaient pas à justifier l'abattement qui la prenait alors. Dans la journée elle ne pouvait accomplir les tâches normales du Clan sans sentir une grande fatigue l'envahir. Les oiseaux lui échappaient facilement et sous ses pattes le sol envoyait longtemps à l'avance l'information de sa présence. Elle était plus lourde, plus engourdie, plus calme aussi. Peu de choses la touchaient, mise à part cette irritation envers la fatigue et tout effort en général. Elle se laissait aller, passant des heures à regarder les nuages, le ciel, les feuilles, sans réflechir, juste prenant de plus en plus conscience d'un état qui n'était pas celui habituel d'une petite chatte même pas sortie de l'apprentissage. Quand enfin la certitude d'être enceinte s'imposa à elle, il lui fut impossible de l'annoncer tout de suite au Clan du Tonnerre, sa nouvelle maison. Elle n'en toucha même pas mot à Nuage de Secret. C'était égoïste et il lui en voudrait, mais la personne à qui elle voulait confier son secret, c'était Comète, le père des chatons. Nuage de Vérité n'était même pas catastrophée. Ils avaient fait une bêtise, ils en payaient le prix certes, mais ces chatons seraient les siens aussi. Les questions pratiques ne se posaient pas à elle. La seule condition de son bonheur était qu'elle retrouve son amour. Il lui fallait Nuage de Comète. Et matins après matins s'arrondissait son ventre et grandissait ce besoin impérieux de ses yeux, son pelage, ses coups de langues.


Alors elle s'enfuit, encore une fois. Disparaître d'un Clan à l'autre n'avait décidemment pas de secrets pour elle. Elle partit à la recherche du Puit de Lune. En aurait-elle parlé à qui que ce soit qu'on l'aurait traxée d'inconscience, car les tuyaux de la grande ville étaient loin, elle était seule, et sortait de surcroît des Ténèbres. Qu'importe pour elle. S'il était possible qu'en son ventre prennent vie des chatons, qu'entre ses quatres pattes la vie grouille et que cette fusion donne lieu à des petits, des petits rien qu'à elle et à Comète, alors oui, elle voulait bien croire à l'existence de guerriers morts. Ils la connaissaient. Ils l'aimaient sûrement, car pourquoi ne l'aimeraient-ils pas? Elle leur apportait de nouveaux guerriers, et elle avait besoin de leur aide pour qu'ils soient tous heureux. Pourquoi refuseraient-ils? Pas une seule fois elle ne songea à son père où à ses doutes passés.
Mais Nuage de Vérité n'avait pas non plus un excellent sens de l'orientation et rata les tuyaux. Par chance, ses errances la conduisirent au quartier Sud de la Ville Blanche. Jamais elle n'avait vu des constructions de ce genre et surtout une telle animation entre les domestiques, qu'elle imaginait apathiques et mous. Or, ceux-là parlaient. Et en les approchant, Nuage de Vérité s'apperçut qu'elle avait grand à intérêt à les écouter.


Elle eut d'abord du mal à le reconnaître. Peut-être la forme d'une oreille, ou la manière la lèvre supérieur tombait sur sa machoire, c'est-à-dire pas bien, laissant voir un petit bout de canine… ou alors cette moustache, fière, qui se dressait vers le ciel? Au fur et à mesure qu'elle redécouvrait le corps de Nuage de Comète, Vérité ne voyait pas la peau rose sous la fourrrure à peine repoussée, le crâne tout petit sans ses poils, l'air misérable et les yeux collants, non, elle ne le voyait pas comme ça. Et si elle le reconnût finalement, c'est parce-qu'elle l'aimait. Sinon, peut-être aurait-elle tourné les pattes, déclarant froidement que Nuage de Comète, apprenti des Ténèbres, était mort, cela valant mieux que d'avouer son nouvel état de domestique.
Non, Nuage de Secret ne pensais même pas à ça. Plusieurs minutes qu'elle le contemplait déjà et elle sentait monter en elle comme une grande envie d'amour, de léchouilles, de câlins, de se frotter l'un à l'autre comme ils l'avaient fait pendant le voyage. Oui, ce voyage, c'était ici qu'il finissait, avec son amour à ses pieds. Visiblement celui-ci avait souffert, il était tout pelé, maigre, quoique bien nourri à en voir l'odeur de croquettes qui flottait autour de lui. Cet air vulnérable lui allait bien. Elle avait envie de lui faire un câlin.
Mais elle se retint. Parce-que Comète, son cher Comète, s'était sacrifié pour elle, elle le savait. C'était de sa faute s'il était dans cet état. Dans sa petite tête de chatte idéaliste, l'histoire ne pouvait que bien se terminer, les amoureux enfin réunis, la liesse dans toute la forêt. Une sorte de pudeur la retenait, la conscience de la réalité, ce principe de réalité qui fait que tout n'est jamais parfait.
Et les chatons qui grandissaient dans son ventre, voilà une nouvelle qui la rendait reine, tandis que Comète était toujours un jeune chat, amoché et domestique mais ce n'était pas lui qui les portait. Ils étaient différents. Peut-être la symbiose ne reviendrait-elle jamais.

Nuage de Secret s'étendit silencieusement à son côté, son corps noire faisant comme ombre dans le dos de Comète ; elle le voulait tellement à côté d'elle! Elle voulait tellement qu'ils passent leurs nuits dans la Tanière des Guerriers à dormir l'un dans l'autre, ou ici peut-être, qu'importe? Réunis, enfin. En s'étirant sa queue allait presque toucher le bout de la sienne, et son menton lui arrivait à l'arrière du crâne, ce petit crâne si injustement rasé, qu'elle ne put s'empêcher de lécher, lentement, à la manière d'une mère. "Bonjour, Comète…" murmura-t-elle.

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MessageSujet: Re: Des museaux familiers   Mer 19 Fév - 22:26

Le chat roux s'était à moitié assoupit, la tête oscillant dangereusement un peu au-dessus de ses pattes avant toutes blanches. L'air était doux, il se sentait bien. Sentait.

Un picotement diffus se répandit dans ses veines, le ventre, les épaules, le dos et la nuque... comme si une nuée de petites bulles était en train de crépiter sous sa peau. Il ouvrit les yeux, deux sphères d'or en fusion. Une ombre attira son regard, une silhouette de chat prenait place à ses côtés. Il la reconnut aussitôt, le parfum tenace malgré l'herbe-à-chat, le noir intense du pelage soyeux. Depuis quand ne l'avait-il pas vu ? Une éternité, une autre vie. Il sentit son coeur s'emballer, mais pas longtemps. Ce n'étaient pas les palpitations de l'amour, juste celles de la surprise. Les vieux instincts s'étaient réveillés une seconde et lui avaient hurlés de fuir le sachant trop vulnérable pour combattre.

Sursaut se figea, tendu, les yeux clos. Il sentait ses muscles trembler un peu, de l'inquiétude et du reproche. Pourquoi avoir peur d'elle ? Il n'y avait aucune raison. Il poussa un faible soupir lorsqu'elle lui lécha la tête. C'était froid. Il sentait parfois l'air sur sa peau nue, préférait l'oublier, il y arrivait bien. Céleste était une amie, il ne se sentait pas gêné de ne plus avoir autant de poils qu'avant lorsqu'il parlait avec elle, avec Nuage de Vérité c'était différent. Il aurait voulu disparaître sous terre pour qu'elle ne le voit pas ainsi. Pas parce qu'il se trouvait laid, ni qu'il voulait lui épargner ce genre de spectacle, c'était une sorte de pudeur. Il ne se sentait pas à l'aise d’apparaître si fragile à ses yeux, il n'aurait pas dut avoir ce genre de problème, c'était aussi absurde que lorsqu'il craignait de lui parler, avant le voyage.

"Bonjour, Comète…"

– Sursaut, corrigea-t-il de manière un peu brusque.

Il baissa les oreilles pour montrer qu'il était désolé et se tourna vers elle, sans la regarder et s'expliqua d'une voix calme.

– Je ne m'appelle plus Comète depuis longtemps. Je m'appelle Sursaut aujourd'hui. C'est un peu compliqué à expliquer, mais c'est ainsi.

Sans trop savoir pourquoi, il craignait de la regarder dans les yeux. Il fixait le sol juste devant ses pattes noires. C'était stupide, pourquoi avoir peur d'elle ? Il se força à se ressaisir et posa son regard d'or sur son museau sombre. Il écarquilla aussitôt les yeux. Ce n'était plus du tout la même chatte. Le petit museau triangulaire, les oreilles pointues bien droites, les fines épaules et le pelage soyeux sans le moindre poil blanc, tout cela était comme avant, mais son regard, son visage... il y avait quelque chose de différent qui la changeait au plus profond d'elle.

Sursaut fixa ses yeux vairons, ils lui semblèrent moins éclatant qu'avant, plus triste, mais aussi plus sage. Le bleu était plus clair, plus gris, comme l'azur derrière un nuage et non plus comme une pluie de neige et d'eau. Le vert était pâle, moins soutenu, ce n'était plus le vert profond des sapins, mais le doux jade des petites feuilles de frênes, un peu mêlé de jaune. Il aurait voulu mettre cela sur le compte de la fatigue, mais elle n'avait pas l'air fatiguée. C'était la tristesse alors, mais il n'y avait pas que cela.

– Ciel de rouille...

Il s'interrompit avant de prononcer la suite et fit comme si cela n'était qu'une exclamation.

– Tu as quelque chose de changé.

Il avait faillit répéter la phrase, la phrase sans sens.

"Reste concentré" se dit-il.

Il la regarda encore, elle avait l'air sereine, plus mature. Il n'en aurait pas fallut beaucoup plus à une chatte pour comprendre ce qui était différent chez la jeune apprentie noire, mais Sursaut était un mâle, il n'entendait rien à ces choses là et il était encore trop sonné par les médicaments écœurants qu'on le forçait à prendre chaque jour pour remarquer le ventre plus rond de Vérité.

Il aurait dut faire quelque chose, s'exclamer de joie, lui dire qu'il était heureux de la revoir, qu'il n'avait cessé de penser à elle, qu'elle lui manquait et qu'il était soulagé de la savoir saine et sauve et qu'il l'aimait. C'était tout cela qu'il aurait dut ressentir, mais il n'avait que cette frustration du détail qui vous échappe, cette crainte inexpliquée de la voir ici, cette honte d'apparaître avec la moitié des poils en moins et cette envie d'être seul. La chatte noire, entre la maison blanche et la pelouse bien coupée, semblait une étrangeté dans le paysage, elle n'était pas à sa place ici, elle aurait dut rester dans la forêt parmi les arbres et le vent, ne jamais resurgir dans les pensées du rouquin. Il ne voulait pas penser cela, mais c'était ainsi et il n'y pouvait rien.
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MessageSujet: Re: Des museaux familiers   Mer 26 Fév - 1:33

– Je ne m'appelle plus Comète depuis longtemps. Je m'appelle Sursaut aujourd'hui. C'est un peu compliqué à expliquer, mais c'est ainsi.

Nuage de Vérité garda le silence, perplexe. Il y avait dans cette assurance quelque-chose qui la repoussait, créait une muraille entre eux. Depuis quand est-ce qu'il était aussi calme, aussi droit? Pourquoi ne lui léchait-il pas la joue, pourquoi ne se jetait-il pas sur elle? Pourquoi changeait-il de nom?
C'est questions, elle ne les posa pas, parce-qu'elle avait peur de la réponse. Comète avait changé, soit. C'était normal. Ils avaient tous subit beaucoup d'épreuves. Peut-être en avait-il conçu une force particulière, elle n'allait pas le lui reprocher. Et si elle ne disait rien, sûrement cet obstacle, si négligement jeté entre leur paroles, disparaîtrait de lui-même. Sursaut. Il s'appellait Sursaut, maintenant. Il faudrait qu'elle s'en rappelle, pour ne pas le vexer. C'était nouveau chez elle aussi, cette façon de ne pas vouloir faire de vagues. Mais tout d'un coup, elle avait atrocement peur de le perdre.

– Ciel de rouille  Tu as quelque chose de changé.


Elle tressaillit, blessée. Ainsi, c'est tout ce à quoi elle avait droit? Oui, Nuage de Vérité savait qu'elle avait changé. C'est pour ça qu'elle était ici. Mais que voulait-il dire par là? S'il avait compris, il l'aurait dit. Mais non, ses yeux restaient perplexe. C'est comme s'il ne la reconnaissait pas. Peut-être qu'il la trouvait plus belle, avant. Peut-être que la grossesse l'avait rendue laide, ou qu'elle avait perdu son charme, ou qu'il avait ouvert les yeux…
Lui annoncer la nouvelle? Quelque-chose lui disait que ce n'était pas le moment. Pas alors qu'il y avait tant de non-dit entre eux.
Oui, Nuage de Vérité s'en rendait bien compte maintenant, elle n'était qu'une petite chatte sans intérêt venue d'un passé dont Comète n'avait que faire. Aurait-elle été seule qu'en bonne apprentie des Ténèbres elle aurait craché et serait partie, la queue battante, pleine de morgue pour cacher sa tristesse. Mais il n'y avait pas qu'elle. Ses petits allaient avoir besoin d'un père. Et surtout, elle était épuisée par cette longue marche. Ses pattes criaient grâce, c'était la première fois depuis la découverte de son état qu'elle leur infligeait un trajet de ce genre.

- Sursaut! miaula-t-elle, et cette seule injonction était un appel à l'aide. Tu ne veux plus de moi? Est-ce que tu m'en veux pour le monstre? Je t'en prie, ne sois pas fâché.

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MessageSujet: Re: Des museaux familiers   Dim 2 Mar - 13:02

Sans réfléchir, le rouquin passa une patte sur les épaules de la chatte et posa sa tête sur la nuque noire, de telle manière qu'il se trouvait à moitié allongé sur elle. Il sentit aussitôt le froid s’immiscer dans son corps tandis qu'une onde tiède lui réchauffait le coeur. Pendant une seconde il se sentit bien et ferma les yeux, mais dès que ses paupières firent le noir, le froid se fit mordant dans ses pattes et l'onde prit des allures de brasier. Il sentit ses pattes devenir des blocs de glace et son thorax s'embraser là où il touchait la fourrure de Nuage de Vérité.

Cela dura une seconde ou des heures, impossible à dire. Une pluie de souvenirs brouilla l'esprit du rouquin ; Naissance, enfance, fuite de son Clan, les Ténèbres, l'amour, la solitude, son mentor et les blaireaux, Nuage de Secret, le cataclysme, la destruction de la forêt, le Murmure, le voyage, les morts, les morts, les instants de bonheur volé avec Vérité, le chemin du Tonnerre, la porte, sa propre mort.

Sursaut s'écarta vivement de la chatte, les yeux écarquillés. Il lui sembla apercevoir une fine lueur jaune qui sortait de son poitrail, mais il devait rêver, le soleil sur sa fourrure devait lui donner de nouvelles hallucinations, comme celles qu'il avait eut lorsqu'il avait rencontrer Céleste. Penser à la Domestique lilas suffit à calmer le jeune chat. Céleste était réelle, il l'avait rencontré après la porte, il avait survécu à la porte, il était vivant. Il baissa les yeux sur ses pattes, les zones de peau nu s'étaient teintées de bleu, mais ce n'était pas cela qui l'inquiétait le plus.

– Tu attends des petits... souffla-t-il entre ses crocs crispés.

Il en était certain, sans pouvoir dire pourquoi. Il les avait sentit. Était-ce les siens ? Ceux d'un autre ? La pluie de question qui s'abattit dans son crâne l'embrouilla et lui éclaircit les sens, il parvint à sentir autre chose, une odeur qu'il croyait avoir oublié ; le Clan du Tonnerre.

Sursaut cru qu'il allait tourner de l'oeil. C'était beaucoup trop pour lui, il avait envie d'aller s'enterrer quelque part pour quelques douzaines de lunes, le temps que le monde recommence à tourner rond, car tout semblait aller de travers depuis quelques temps. La sphère, la porte, ces paroles sans queue ni tête qu'il répétait sans cesse... quelles étaient-elles d'ailleurs ? Il ne s'en souvenait pas. Il avait oublié alors que ces mots sans logiques lui encombraient l'esprit depuis son réveil dans la maison du bipède. Dans tout cela, les petits de Nuage de Vérité et son changement de Clan devaient être les choses les plus logiques, pourtant le rouquin refusait de les accepter, c'était trop lourd de conséquences.

– Tu attends des petits au Clan du Tonnerre ?!

En se réveillant à l'intérieur de la sphère, en changeant de nom, en s'appliquant à suivre les coutumes des chats domestiques, Sursaut avait cherché à changer de vie, il voulait laisser le passé derrière lui. Comment pourrait-il y arriver s'il devait être père ? Il serait obligé de rejoindre le Tonnerre pour les élever en compagnie de Vérité, devenir son compagnon, être obligé de combattre pour un Clan qui l'avait pousser à partir des lunes auparavant... Non, il ne pouvait pas, il ne pouvait pas faire ça, mais que serait-il si il ne le faisait pas ? Un lâche ? Un égoïste ? Un monstre ? Il aurait voulu se faire bien voir de Nuage de Vérité, jouer les nobles coeurs et l'accompagner au Clan du Tonnerre pour jouer le rôle qui venait de lui tomber dessus, mais il ne pouvait pas.
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