La Guerre des Clans 123
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 Survie en milieu hostile[ME]

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MessageSujet: Survie en milieu hostile[ME]   Ven 18 Juil - 19:37



Survie en milieu hostile






Celui qui affronta l'hiver

Ne va jamais dans les hauteurs des montagnes. Là-bas, la neige est permanente et le vent glacial. Personne ne t'y trouverais si tu venais à te perdre. Les sommets sont presque tous impraticables, l'air irrespirable et les sentiers, même parmi les moins infimes, ne débouchent sur rien d'autre que la mort."

Telle était la première chose qu'avait dite Etoile Mélancolique lorsqu'il avait parlé des territoires du Clan. Nuage Singulier jeta un regard en contre-bas, incapable de deviner le camp d'où il était. Il venait de déboucher d'un sentier tortueux qu'un bouquetin n'aurait jamais osé prendre à sa place, à une altitude où de petits flocons commençaient à orner ses moustaches. Le jeune chat se trouvait au sommet d'une coulée gelée, plus blanche que les nuages les plus purs. Il dut plisser des yeux tant elle étincelait sous le soleil d'été. Il fallait avouer qu'il n'avait pas tout à fait écouté lorsqu'on lui avait parlé de "neige". Après tout, il ne savait pas le moins du monde ce que c'était. Il était né au tout début de la saison des nouvelles feuilles et il n'avait encore jamais affronté la saison blanche. Au moins avait-il l'occasion de rattraper ses lacunes.

Il contempla la Vallée des Vents qu'il apercevait entre les cols lacérés des montagnes. De là où il était, cela semblait si proche, si facile à atteindre, qu'un bond aurait suffit pour aller taquiner le lièvre. La coulée blanche lui traçait la route, il lui suffisait de la descendre et il se retrouverait au Clan du Vent. Il peinait à discerner le paysage au-delà des plaines nues, une bourrasque permanente s'engouffrait dans le défilé, remontait la calotte gelée comme les lointains saumons remontent les rivières, et lui fouettait le museau ainsi que tout l'avant du corps. Nuage Singulier prit une grande inspiration. L'air gelé sembla lui piquer les poumons.

Clignant des paupières pour les garder un peu humides et au chaud malgré le vent, le jeune chaton bascula la tête vers la pente blanche. C'était sa voie, son échappatoire. Sa liberté l'attendait au bout. Sans plus attendre, il se lança sur la descente.

Lorsque ses coussinets touchèrent le sol, il eut l'impression que des milliers de petits crocs venaient de mordre dedans. Il releva aussitôt sa pauvre patte et l'examina un instant pour s'assurer qu'elle n'était pas blessée. Il la sentit sous toutes les coutures à la recherche d'une plaie.

— Tout va bien, dit-il car il détestait le silence lorsqu'il était inquiet.

Le petit chat remit la patte à terre. La désagréable sensation reprit, mais il n'avait pas le choix. Il devait descendre. Rassemblant son courage, il fit en sorte d'ignorer les piqures gelées et s'efforça de faire un pas, le museau tourné vers son but, le regard dirigé vers un aigle fendant les cieux avec majesté. Nuage Singulier embrassa l'avenir des yeux avant de glisser.

Le félin noir moucheté de taches rousses comme le feu dégringola le long de l'étendue enneigée pareil à une larme de charbon tombant sur une joue de marbre. Il lui sembla que sa fourrure l'abandonnait sur la route tant ses poils s'accrochaient au givre alors qu'il roulait en tout sens. Tête par dessus queue, côtés, dos, face contre sol, arrière... toutes les parties de son corps se frottèrent tour à tour contre la pente gelée, y compris certaines dont il aurait préféré n'avoir jamais conscience. Le ciel et le sol ne cessaient de bouger, dessus, dessous, derrière, partout, se confondant pour lui donner mal au cœur. Il aurait voulu hurler, mais une bosse le fit décoller et retomber sur les côtes, augmentant son élan et lui coupant le souffle par la même occasion. Nuage Singulier tâcha de se retourner, se remettre sur ses pattes dans une position qu'il supposait à l'endroit, il sortit les griffes, montra les crocs et coucha les oreilles. Tenta de se relever en vain. Sa chute semblait accélérer.

Soudain, il fut stoppé net. Effectua un vol-plané et s'écrasa sur un sol dur pour se retrouver plongé dans l'obscurité.

Un peu de temps, beaucoup peut-être, s'écoula avant que le jeune chat ne retrouve connaissance, frigorifié. Il leva la tête tant bien que mal, claquant des crocs. Ses pattes le faisait souffrir, mais pas autant que son dos sur lequel il s'était écrasé. Il relâcha les muscles de son cou, incapable de les maintenir tendu plus longtemps. C'était l'une des premières fois où il ressentait une douleur physique. Il en avait connu de bien nombreuses au moral, à l'esprit, certaines qu'il s'infligeait lui-même, mais cela était bien différent des plaies et des bosses. Il avait appris à passer outre les blessures mentales, oubliant de se durcir contre celles du corps. Son souffle court faisait naitre de petits nuages gris devant sa truffe. Le chaton ferma les yeux et s'endormit.

Il s'éveilla une heure plus tard, les muscles raides, le pelage couvert de givre. Une certitude lui disait qu'il ne devait pas rester comme ça. Il se redressa d'un coup, réveillant une nuée de picotements le long de son côté droit. Il était debout, ses pattes plus ou moins droites sur un sol plus froid que tout ce qu'il avait connu. Il dressa le museau vers le ciel, découvrit une fine ouverture dans le plafond d'une caverne. Sa dégringolade s'était achevée dans un trou et il doutait de pouvoir remonter vu son corps tremblant et les parois gelées.

— Respire, dit-il.

Sa voix lui revint en écho, il dressa l'oreille.

— Hého ?

Ce petit mot rebondit contre les parois comme si une dizaines de jeunes chats miaulaient en même temps.

— Par où dois-je aller ?

Le son retentit un instant, ils s'étouffèrent d'un côté, mais semblèrent se propager en se déformant de l'autre. Nuage Singulier s'approcha à petit pas de ce second endroit.

— Par ici ? demanda-t-il.

Il entendit sa voix s'éloigner de lui à grande vitesse, complétement brouillée. En regardant bien, le chaton découvrit un étroit passage donnant sur un tunnel.

— Merci, lança le petit animal avant de s'y faufiler.

Il faillit déraper une nouvelle fois, mais se retint de justesse en plantant ses griffes dans la glace. Il tourna le museau vers le tunnel, sans savoir où aller. Il en aurait pour plusieurs heures avant de retrouver son chemin. Il décida de prendre le chemin qui lui semblait descendre. Son corps endolori aurait été bien incapable de remonter une pente.

Il avança avec prudence, s'assurant que ses griffes soient bien plantées dans le sol avant de faire un pas. Il prit un virage, puis un autre. Traversa un long couloir et trouva un nouveau virage. Alors qu'il songeait à rebrousser chemin pour prendre l'autre direction, son regard fut soudain accroché par des ondulations argentées le long des parois. Intrigué, le chaton s'y dirigea,  Petit à petit, il se rapprocha des étranges lumières ondulées.

Il sentit courir sous ses pattes un petit filet d'eau froide qui s'enroulait en arabesques sur la glace sans parvenir à la faire fondre. Le serpent liquide reflétait sur les murs la faible lumière du jour qui perçait à travers la glace, la teintant d'un bleu surnaturel. Sans trop y penser, Nuage Singulier suivit le courant de son maigre ruisseau, la truffe levée vers le plafond de son labyrinthe de glacé.

Une vive lumière lui fit soudain plisser les yeux. Il tourna la tête et aperçut l'éclat brulant du jour. Autour de lui, la glace se découpait pareille à des crocs inachevés, découvrant l'air libre et le ciel rougeoyant comme au travers d'un rideau de pluie figé. Les paupières mi-closes, Nuage Singulier quitta la demi-obscurité à laquelle il s'était habitué pour renaitre sous le ciel. Au-dessus de lui, l'aigle était partit. D'épais nuages, de toutes les couleurs passant de l'or au pourpre, traçaient de longues rayures dans le ciel rosé. Le chaton scruta le ciel à la recherche du soleil. Il le trouva au sommet du glacier, en train de tomber de l'autre côté du monde pour laisser place au soir. Ses rayons rasants inondaient le glacier, le faisant luire comme une coulée d'argent fondu, et semblaient pareil à un brasier couronnant la neige d'une auréole de feu.

Le félin noir voulut reculer pour mieux voir, loin des arches de glaces qui ornaient la sortie de son tunnel. Sa patte arrière ne trouva que du vide. Il fit un bond en avant et se retourna avec le même élan. Derrière lui s'étendait un gouffre d'un intense bleu sombre. La petite créature s'y pencha, incapable de deviner le fond. Il poussa un miaulement neutre, puissant et sans prétention. Sa voix résonna dans les entrailles du glacier avant d'être avalée par le vent, déformée, et renvoyée vers l'air pur comme s'il avait s’agit du rugissement d'un monstre de glace.

Nuage Singulier dressa la queue d'amusement et s'apprêta à recommencer lorsqu'une vive chaleur lui mordit le flanc droit. Il regarda son pelage et découvrit une large plaie qui barrait ses tâches rousses. Le froid lui avait caché la douleur qui commençait tout juste à se réveiller. Il regarda en contre-bas, il n'était plus qu'à quelques foulées des Terres du Vent. Quinze pas, dix, moins peut-être, et il aurait été libre.

De petites gouttes vermeilles tâchèrent le blanc immaculé du glacier. Nuage Singulier sentit son sang tiédir dans sa fourrure, lier ses poils entre eux comme la glace se fige. Il détourna le regard de la Vallée des Vents et chercha un passage vers les sentiers de pierre de la montagne. Avec un peu de chance, il serait rentré au camp avant de s'évanouir.

Le jeune félin s'élança vers la marque sombre du rocher qui épousait la forme des coulées blanches. Le cœur serré, tandis que le brasier solaire s'étouffait derrière les pics grisâtres, le chaton quitta le sol gelé maintenant si familier à ses pattes. Laissant derrière lui de fines empreintes sanglantes et de vastes bourrasques qui soufflaient le long de la pente en faisant chanter la glace.







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