La Guerre des Clans 123
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 Le Rêve : épreuve numéro 3

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MessageSujet: Le Rêve : épreuve numéro 3   Jeu 25 Sep - 11:35

Le rêve se dissipa dans un nuage de brume, sous les yeux argentés de Nuage Nocturne, qui brillaient à la fois d’admiration, de crainte et de respect.
Où le voyage allait-il emmener les matous cette fois ? Se demandait-elle en silence.
Mais lorsque la brume se dissipa sur un nouveau souvenir, la petite chatte ne reconnut que trop bien la scène qui se présenta à leur regard.
Le rêve les avait ramenés sur les terres du Clan du Tonnerre. Déjà un grand arbre majestueux, malgré ses années qui faisaient plier ses branches et obscurcissaient son tronc, se dessinait peu à peu. Sa splendeur ressortait d’autant mieux qu’il se dressait à l’écart, seul. Du moins en temps normal. Car pour l’heure, deux chats se trouvaient à son pied.
Le premier, insensible au charme du lieu, était en train d’arracher de la mousse du tronc de l’arbre à grands coups de crocs rageurs. Son pelage était noir comme une nuit sans lune, son poil mi-long semblait doux et soyeux. Il ne s’agissait pas vraiment d’un chat, plutôt d’un chaton en train de grandir lentement, de devenir un jeune chat. Une jeune chatte.
Ce n’était nul autre que Nuage Nocturne. Cette dernière se regardait, ébahie, le cœur emplit d’une crainte respectueuse.
Mais qu’était donc ce rêve qu’elle partageait avec ces chats qu’elle ne connaissait pas, pour la plupart ? Que venaient-ils faire ici ? Elle n’avait pas de réponse à ces questions. Seule une idée, une phrase, une croyance.
Le Clan des Etoiles.
Elle interrompit le cours de ses pensées pour porter son regard sur le deuxième chat, en train d’approcher doucement, à l’affut, prêt à se jeter sur le fantôme d’elle-même au pied de l’arbre. Avant même de le voir, elle savait de qui il s’agissait. Aussi ne fut-elle pas surprise lorsqu’elle découvrit un splendide chat au pelage cendré et aux poils mi-longs comme les siens. Il était un peu différent dans le rêve que ce qu’il était dans la réalité, s’aperçut la petite chatte noire. Plus grand, plus fort, plus beau, le poil plus brillant, le regard plus profond. Les différences n’étaient pas très marquées, mais elles existaient. Car le rêve ne montrait pas ce chat tel qu’il était, mais tel qu’elle-même le voyait.
Ce Chat. Danse des Corbeaux. Son père, ou du moins ce qui lui en tenait lieu. Elle ne savait pas trop. Elle s’en moquait complètement. Elle l’aimait éperdument.
Le cœur serré cette fois par la force de ses sentiments, Nuage Nocturne assista de nouveau à cette première rencontre entre eux. Elle vit le matou lui sauter dessus, la manquer piteusement, elle se vit l’accueillir à coup de feulements, alors qu’il essayait de la divertir en jouant autour d’elle avec la petite balle de mousse. Ou peut-être de se divertir lui-même.
Avec lui, on ne savait jamais, pensa-t-elle avec une tendresse mêlée d’ironie.
Elle ne pensait plus aux autres chats qui, comme elle, assistaient à ce rêve étrange. Elle ne pensait même plus à la présence du vrai Danse des Corbeaux, qui, lui aussi, partageait cette vision.
Elle n’avait d’yeux que pour ce rêve, ce souvenir, qui n’était pas si lointain et qui, pourtant, avait la force d’un moment capital, d’un tournant dans une vie. En revoyant cette rencontre se dérouler son regard onirique, elle comprit. Elle comprit que de toute sa vie de chat, et bien que cette vie fut pour l’instant courte, elle n’avait jamais vécu de rencontre plus importante. N’en vivrait sans doute jamais, même si elle retrouvait sa mère. Ou son père, son vrai père, si Danse des Corbeaux ne l’était pas.
Car, ce jour-là, pour la première fois de sa vie, Nuage Nocturne avait été acceptée. Pleinement et inconditionnellement. Que le matou fut ou non son vrai père n’avait aucune importance. Peut-être même ne l’aimerait-elle que plus si elle apprenait qu’il ne l’était pas. Ce qui était sûr, c’était qu’il ne la connaissait pas avant cet instant, pas du tout, et que pourtant, il l’avait acceptée, il l’avait accueillie. Il lui avait donné une famille, de l’espoir, de l’amour.
Les silhouettes de la fausse Nuage Nocturne et du faux Danse des Corbeaux étaient maintenant en train de se câliner tendrement, échangeant force caresses, ronrons, léchouilles.
La petite chatte était heureuse. Les deux petites chattes étaient heureuses.
Sans un mot, le chaton noir se détourna, en paix avec elle-même. La brume se leva de nouveau, faisant peu à peu disparaître ce souvenir à leurs yeux.
Mais il ne disparaîtrait jamais du cœur de Nuage Nocturne.

Flots de l’Automne ne comprenait pas du tout ce qui se passait. Il ne savait pas qui étaient ces chats, quel était ce lieu, pourquoi ils avaient cette vision. Pourtant, il acceptait la situation avec son calme habituel, et son regard neutre scannait les scènes successives sans marquer le moindre état d’âme.
Mais malgré les apparences, il était aux aguets. Les autres chats n’appartenaient pas tous au Clan de la Rivière, aussi les surveillait-il en permanence d’un œil, tout en essayant de retenir un maximum ce qu’il voyait se dérouler dans le rêve.
Peut-être que cela, d’une façon ou d’une autre, serait utile à Etoile Fleurie et au Clan. De ce qu’il avait compris, le rêve leur montrait des bouts de la vie des chats présents. Il ne savait pas s’il s’agissait de leur passé ou de leur futur, mais c’était tout de même intéressant. En attendant, il ne pouvait de toute façon rien faire, et se contentait donc d’endurer et d’observer.
Pourtant, ses oreilles tressaillirent lorsqu’il vit une nouvelle scène se découvrir à leurs yeux. Ce fut le seul signe extérieur qu’il laissa échapper, mais, intérieurement, il sentit son cœur se mettre à battre à toute allure. Car il connaissait les deux chats qui venaient d’apparaître, et il comprenait ce que cela signifiait.
Son tour était venu.
Une tornade d’émotions s’empara de lui, mais il garda son calme impassible habituel, du moins à l’extérieur, incapable, même dans cette situation inhabituelle, de montrer ce qu’il ressentait. Et pour une fois, c’était tant mieux : cela lui évitait de se dévoiler devant des chats d’autres clans.
Il fixa son regard sur la scène qui se dessinait devant leurs yeux, et se contenta d’observer comme auparavant, se contraignant à l’immobilité.
Le premier chat avait un pelage qui variait entre le gris et le fauve, et était zébré de noir, mais ses pattes, son ventre et sa gorge étaient blancs. Il avait un corps puissant et était haut sur pattes. Ce n’était autre que Flots de l’Automne lui-même, mais on devinait qu’il était plus jeune que le lieutenant actuel. Il reconnaissait également l’autre chat. Ou plutôt l’autre chatte.
Splendide féline blanche aux poils courts et aux yeux bleus, mais bleus intenses comme le fond d’une rivière, elle avait le corps fin et frêle des chats du clan du vent. Cette chatte magnifique s’appelait Reflet de Lune. Et elle avait immédiatement volé le cœur de Flots de l’Automne.
On devinait autour des deux chats des silhouettes qui, dans le rêve, n’étaient que des ombres, mais dont la présence et le nombre permettaient de mieux comprendre la scène : il s’agissait d’une assemblée des clans. A l’époque, Flots de l’Automne n’était pas lieutenant, mais simple guerrier. C’était la première fois qu’il rencontrait cette jeune chasseuse, qui ne devait guerre avoir plus de 12 lunes. Elle était douce, gentille, polie, mais aussi attirante et charmante, d’un charme mystérieux qui venait de ses regards à la dérobée et de toutes les promesses qu’on pouvait lire dans sa façon de se déplacer, comme si elle volait, et de frôler les autres félins, comme si elle les caressait.
En la voyant de nouveau, Flots de l’Automne sentit son cœur se serrer mais aussi bondir dans sa poitrine, comme il savait que bondissait le cœur de son double onirique.
La silhouette de Reflet de Lune s’approcha de celle de Flots de l’Automne, et sa voix résonna dans la tête de tous les félins qui assistaient au rêve. C’était une voix douce et enjôlante, à l’image de la petite chatte.

-Bonjour, je m’appelle Reflet de Lune, du clan du Vent. Je suis contente de faire ta connaissance. Comment tu t’appelles ?

En face, le chat gris-fauve était assis sur ses pattes arrières, et son regard vint se fixer sur la chatte, alors qu’il l’avait jusqu’alors évitée, ne l’observant qu’à la dérobée.
Ce regard était froid, d’une neutralité glaciale. Car, comme toujours, le guerrier ne savait pas comment extérioriser ses sentiments, il ne savait pas comment se comporter dans les échanges sociaux, et, surtout, il était timide, très timide. Aussi, face à cette chatte qui lui faisait tourner la tête, il semblait plus distant que jamais, terrifié qu’il était par la situation. Sa réponse se fit entendre, d’une voix grave mais basse, presque un murmure, laconique :

-Flots de l’Automne.

En face, la déception et la peur de la chatte étaient palpable. On pouvait lire dans son regard qu’elle craignait d’avoir dit quelque chose de déplacé, qu’elle pensait que toute cette froideur ne pouvait qu’exprimer la haine du chat à son égard. Aussi répondit-elle d’une petite voix contrite :

-Oh, je vois… Je... Excuse-moi.

Et, sans plus demander son reste, mal à l’aise devant ce chat qui n’avait pas réagi à sa tentative d’engager la conversation, la belle chatte blanche se retourna et fila rapidement, disparaissant du rêve comme brume au soleil. Seule restait la silhouette de Flots de l’Automne, qui s’effaçait déjà, peu à peu. Et dans son regard, seule trace d’émotion, passa en un éclair une ombre, qu’on devinait chargée de toute sa douleur, sa solitude, son désespoir.

Isis regarde défiler le rêve avec ennui et frustration.
Qui sont tous ces chats ?
Qui leur a donné le droit de s’infiltrer dans son rêve ?
Pourquoi la fatiguent-ils avec toutes ces histoires de chats sauvages qui ne la regardent pas ?
Et surtout, surtout, pourquoi aucun de ces chats ne lui accorde la moindre attention ?!
C’est vrai quoi, une si jolie chatte qui daigne partager vos rêves, la moindre des choses, c’est quand même de la remarquer ! Mais non, ils sont tous là, à regarder bêtement défiler des images, des chats, des bouts de vie, pendant qu’Isis fulmine. Depuis le temps qu’elle veut rencontrer des chats sauvages, la voilà servie. Car ce sont des chats sauvages, là-dessus, pas de doute : rachitiques et musclés comme ils sont, ils ne peuvent que vivre dans les bois.
Il faut admettre qu’ils sont plutôt attirants. C’est autre chose que les grosses boules de chats domestiques qu’Isis peut croiser dans les jardins voisins.
Mais voilà, à quoi bon être beau, si on ne fait pas attention à Isis ?
Blasée, énervée, la petite siamoise tourne le dos aux chats, au rêve, s’allonge sur le sol et entreprend de faire sa toilette.
Ben oui, même si, une fois réveillée, les effets de son nettoyage disparaîtront, il ne faut jamais se négliger. Même pas dans un rêve ! Quand on est une Demoiselle, il convient de se rêver propre.
Aussi Isis se donne-t-elle de grands mais délicats coups de langue, quand, soudain, une voix fait se dresser ses oreilles. Une voix profonde, grave mais douce, qui racle un peu la gorge mais semble en même temps vous caresser les oreilles.

-Quel chaton adorable… Mais qu’est-ce que tu fais là, toi ?

Confuse, surprise, la petite chatte se redresse rapidement, mais avec grâce, et se retourne, la truffe à l’air pour essayer de faire correspondre les sons avec les odeurs. En vain. Car dans ce rêve, les images et les sons fonctionnent, mais d’odeur, il n’y en a aucune.
Et pourtant, c’est bien Lui. Il est là, devant ses yeux. Le Maître. Sans s’en rendre compte, Isis se met à ronronner doucement de bonheur. Puis, elle remarque que le Maître n’est pas seul. Il est agenouillé par terre, et regarde quelque chose. Une boite. Etrange. Autre détail étonnant : il est trempé, et ses beaux cheveux dégoulinent d’eau.
Etonnée, Isis se rapproche doucement. Rejoint les autres chats. Mais pour une fois, elle n’a d’yeux que pour la scène qui se déroule devant ses yeux, scène qui éveille en elle des sentiments qu’elle avait crus oubliés, à mesure qu’elle se souvient, et qu’elle réalise.
Le Maître est bien agenouillé devant une boite, mais ce n’est pas une simple boite. Il s’agit d’une sorte de petite niche, dans le renfoncement d’un mur. Et s’il est mouillé, c’est parce qu’il pleut à verse. Derrière la boite, se trouve un petit chemin, qui mène à ce que les Deux Pattes appellent une maison.
Et dans la boite, se trouve un petit chaton. Une boule de poils à peine plus grande qu’un poing fermé, mais déjà incroyablement mignonne, avec sa fourrure siamoise et ses deux grands yeux bleus, empreints d’incompréhension et de tristesse.
Parce que le chaton a froid. Très froid. Cela fait plus d’une journée qu’il est tout seul dans cette boite, au-dessus de laquelle les Deux Pattes qui l’ont abandonné là ont scotché un petit morceau de papier que la pluie commence à délaver. Au début, il y avait d’autres chatons, ses frères et sœurs, et leur chaleur l’entourait et la réconfortait. Mais d’autres Deux Pattes sont venus, ont pris un chaton par ci, un chaton par-là, jusqu’à ce que la petite se retrouve toute seule. Abandonnée. Terrifiée.
Alors elle s’est recroquevillée dans un coin, à côté d’un petit bol de croquettes, et s’est mise à couiner, couiner, pour exprimer toute sa peur et sa tristesse.
Et c’est alors que le Maître est arrivé. D’ailleurs, on peut le voir, maintenant, dans le rêve, prendre le morceau de papier et le lire à haute voix, fronçant les sourcils.

-Servez… vous ?

Il pose de nouveau son regard sur la boule de poils. C’est alors qu’Isis réalise quelque chose. Quelque chose d’important. Le Maître parle avec ses mots de Deux Pattes, ses mots bien à lui, qu’elle ne comprend pas mais qui la remplissent toujours de chaleur. Enfin, d’habitude. Parce que cette fois, si la chaleur est bien présente, la petite siamoise a parfaitement compris ce que le Maître a dit. Le rêve, si cela est bien un rêve, s’insinue dans sa tête aussi bien que dans ses yeux, et lui délivre les clés de la langue des Deux Pattes.
Sans plus s’interroger, Isis regarde la suite de la scène, comprenant enfin. Le Maître s’en penché vers la boite, et, délicatement, en retire le chaton qu’il glisse derrière son pardessus, afin de le protéger de la pluie, et, doucement, tout doucement, il le rassure de sa voix d’ours câlin à la bouche pleine de miel, en la caressant doucement de ses mains maladroites mais tendres.

-Tout va bien, ma petite, tout va bien, n’aie pas peur, je suis là, maintenant… Tu es si douce ! Je vais te prendre avec moi, d’accord ? A partir de maintenant, on va vivre ensemble, tous les deux. Tu es vraiment trop mignonne. Je vais t’appeler Isis. On va être heureux, ensemble, tu verras…

Et, tout en continuant de murmurer des mots doux à la petite créature tremblante pour l’apaiser, le Maître se relève, et s’éloigne à pas lents, disparaissant sous la pluie.
Non loin, assise au milieu des autres chats, Isis le regarde partir, une larme s’échappant de son bel œil bleu.
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